Il y a quelque chose d’infernalement prévisible chez Trump : quoi qu’il dise, quoi qu’il promette, quoi qu’il menace, il ne fait qu’ajouter un nouvel épisode à sa téléréalité mondiale. L’ONU devient un plateau télé, l’Europe une cible de stand-up, l’Ukraine un décor mouvant, et Gaza un figurant qu’on balaie d’un revers de main.
Premier acte : le mur et le Nobel
Trump parle encore de son « âge d’or » américain comme s’il avait sculpté la civilisation à coups de béton. Dans sa bouche, une clôture frontalière devient une épopée biblique, et son ticket pour le Nobel. Comme toujours, il joue le rôle du messie, mais un messie en complet trop large, orange fluo, qui vend son salut comme on vendrait des condos à Las Vegas.
Deuxième acte : l’Europe en enfer
« Vos pays vont en enfer ! » — voilà son sermon. Fini le rire des délégués en 2018 : cette fois, le silence. Les Européens, muets, reçoivent la malédiction comme des élèves terrorisés devant un directeur colérique. Et Trump jubile : il sait que le silence vaut mille fois plus que des huées, car il transforme le ridicule en menace.
Troisième acte : le prophète climatosceptique
La « grande arnaque verte » est son démon du jour. Pour Trump, les moulins à vent sont des cavaliers de l’Apocalypse, les panneaux solaires des agents du chaos. L’ironie ? L’enfer qu’il annonce aux Européens, il le prépare déjà pour la planète entière.
Quatrième acte : la paix en solde
Sur Poutine, sur Gaza, sur l’Ukraine, Trump souffle le chaud et le froid, comme un marchand de tapis. Hier : « cédez vos terres ». Aujourd’hui : « reprenez-les toutes ». Sa politique étrangère ressemble à une liquidation d’entrepôt : « tout doit disparaître », frontières comprises.
Final : le gourou de l’ONU
Et l’ONU ? Pour lui, c’est un escalator et un téléprompteur défectueux. C’est-à-dire, rien. Mais en réalité, il adore cette scène : il s’y pavane comme le gourou suprême d’une secte mondiale où le seul credo est « America First ».
🎭 The show Trump go on : la farce se poursuit, mais plus personne ne rit. Et c’est bien ça le drame.
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