jeudi 2 octobre 2025

Quand l'empire tombe!



Il y a des crises qui révèlent plus qu’elles ne cachent. Le « shutdown » budgétaire américain, au lieu d’être une simple impasse administrative, est devenu un théâtre où Trump joue son rôle préféré : celui du chef qui brise, qui punit, qui transforme l’État en instrument de sa vengeance personnelle.

Derrière les chiffres, ce sont des vies suspendues. Des milliers de fonctionnaires au chômage technique, des organismes communautaires étranglés, des familles qui ne savent pas si le prochain chèque arrivera. Mais pour Trump, tout cela n’est pas un problème : c’est une opportunité. Une occasion « sans précédent », dit-il, de supprimer des agences fédérales qu’il juge « arnaques démocrates ».

Le masque tombe : le budget n’est pas un outil de gouvernance, mais une arme de guerre. Les projets collectifs, les fonds pour les infrastructures, même la science, tout peut être gelé, détourné, annulé si cela sert sa stratégie. New York, bastion démocrate, perd 18 milliards. D’autres États voient s’évaporer des milliards pour l’adaptation aux changements climatiques. La sanction budgétaire devient la nouvelle forme du chantage politique.

Et dans ce climat, les agences fédérales, normalement tenues à la neutralité, diffusent désormais des slogans partisans. On ne cherche plus à cacher l’autoritarisme, on l’exhibe comme une bannière : « The Democrat Shutdown ».

Le plus inquiétant, c’est que cette logique ne s’arrête pas aux finances. Trump s’attaque aussi à la science, aux universités, aux chercheurs. Les coupes budgétaires dans la recherche médicale, climatique, technologique fragilisent non seulement l’avenir américain, mais l’avenir mondial. Une démocratie se tient debout tant que la connaissance est libre. Une dictature avance en éteignant les lampes de la pensée critique.

Ce « shutdown » n’est donc pas seulement une paralysie budgétaire. C’est une répétition générale : comment détourner les institutions, comment instrumentaliser la pauvreté des uns pour nourrir la propagande des autres, comment transformer l’État en levier personnel.

La dictature n’arrive pas toujours avec des tanks dans la rue. Parfois, elle s’installe au détour d’un budget, d’une coupure, d’un mensonge répété mille fois. Et pendant que le peuple regarde les feux rouges clignoter devant le Capitole, la main autoritaire s’assure que demain, il n’y aura plus de lumière verte.




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