La mécanique de la haine
La haine n’est jamais un accident. C’est une mécanique bien huilée, une machine infernale qui transforme chaque parole violente en justification pour la suivante. Charlie Kirk, figure de proue du trumpisme et fondateur de Turning Point USA, a passé des années à dresser des listes noires de professeurs jugés « dangereux » pour l’idéologie conservatrice, via sa tristement célèbre Professor Watchlist【source: Inside Higher Ed, 2016】【source: CNN, 2017】. Cette liste n’était pas un outil d’information, mais un permis de chasse numérique. Des enseignants ont reçu des menaces de mort, certains ont abandonné leur carrière【source: The Chronicle of Higher Education, 2016】. Stacey Patton, professeure et journaliste, a raconté comment elle a été ciblée par une vague d’insultes racistes et de harcèlement orchestré【source: Washington Post, 2017】.
Alors, quand Kirk tombe à son tour victime de la spirale qu’il a lui-même nourrie, faut-il feindre la surprise?
Le jeu pervers de la victimisation
Voilà le paradoxe trumpiste : mettre le feu à la maison et accuser les voisins d’avoir apporté les allumettes. Cette logique perverse atteint son apogée dans la rhétorique de Donald Trump. Il n’a cessé de rejeter la faute, d’inverser les rôles, d’ériger ses partisans en victimes héroïques chaque fois que la violence qu’ils ont alimentée finit par leur éclater au visage.
Aujourd’hui, après l’assassinat de Kirk, le même scénario se rejoue : ce serait la gauche, ce seraient les critiques, ce serait « nous » les coupables. Non.
Assez, c’est assez
Assez de jouer dans ce théâtre morbide où les incendiaires deviennent martyrs.
Assez de cette logique inversée où dénoncer la haine serait la propager.
Assez de se laisser happer dans une spirale où chaque parole de vérité est transformée en arme contre ceux qui la prononcent.
Qu’ils continuent, s’ils le veulent, à s’autodétruire dans leur propre cirque. Mais qu’ils nous laissent hors de leur mise en scène grotesque. Nous ne sommes pas les responsables de leur malheur. Ils récoltent ce qu’ils sèment.
Le devoir civique de dire non
Notre devoir civique, aujourd’hui, n’est pas de tendre la joue indéfiniment. Il est de tracer une ligne claire. De dire : « Ici, ça s’arrête. »
Nous ne jouerons plus le rôle de coupables dans leur tragédie auto-infligée.
Parce qu’au fond, la vraie responsabilité citoyenne n’est pas de sauver ceux qui détruisent la démocratie, mais d’empêcher qu’ils nous entraînent dans leur chute.
Trump et ses apôtres se croient dompteurs de foule, mais ce ne sont que des clowns jonglant avec des torches enflammées. Et comme toujours dans ce genre de cirque, les flammes finissent par dévorer les artistes avant le public.
Alors posons la question : combien de temps encore avant que ce feu, qu’ils ont eux-mêmes allumé, ne consume la démocratie tout entière?

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