Franchement, en regardant ce défilé à Pékin, j’ai eu l’impression d’assister à un mélange de blockbuster et de bulletin de nouvelles. T’as Xi au centre du cadre, Poutine d’un côté, Kim de l’autre, comme si l’Histoire avait décidé de faire une photo de classe version « autorité maximale ». Les avions dessinent « 80 » dans le ciel, les missiles roulent comme des limousines, la foule chante, les drapeaux claquent… et moi, sur mon sofa, je me demande si on célèbre la paix passée ou si on répète pour la prochaine chicane.
Xi dit que la Chine est « inarrêtable ». Ça sonne comme un slogan de marque, genre « impossible de l’arrêter, bonjour l’avenir ». Peut-être que c’est surtout pour rassurer le monde chez eux, comme un « inquiétez-vous pas, on tient le volant ». À l’international, ça dit surtout : « on est là, on est gros, on bouge pas ». J’entends pas le mot « États-Unis », pas un mot sur Taïwan, mais disons que les silences ont parfois plus de décibels que les discours.
Les missiles, les drones, les lasers… c’est impressionnant, oui. Mais j’ai appris à me méfier des parades : c’est Instagram en uniforme. L’image est parfaite, le cadrage serré, la musique grandiose… reste qu’une armée, c’est pas une chorégraphie. Ça se mesure quand ça casse, pas quand ça brille. Alors, je regarde, je hoche la tête, puis je me dis : « OK, c’est beau. Et après? »
L’absence des leaders occidentaux crève l’écran. Est-ce que c’est voulu? Probable. Ça laisse la place à un autre récit : un monde qui se recompose sans nous demander notre avis. Et Kim, mon doux… lui qu’on voyait surtout par rumeurs ou par missiles d’essai, le voilà VIP sur le balcon, traité comme un voisin respecté. Le message est clair : « j’ai des amis puissants ». Que ce soit pour vrai, durable, utile… on verra. Mais pour l’instant, la photo parle.
Pendant ce temps, Trump balance des piques sur Truth Social, façon stand-up géopolitique. Ça fait sourire un instant, puis on se rappelle que derrière les blagues, il y a des tarifs, des "bargains", des déploiements. Le monde, aujourd’hui, c’est autant le fil des réseaux que le fil d’actualité.
Alors je fais ce que tout le monde fait quand le ton monte : je cherche l’angle simple. Je me dis que la parade sert à vendre une idée, la force, la cohésion, la renaissance. C’est légitime pour un pays de raconter son histoire. Mais l’addition arrivera ailleurs : dans les usines, les ports, les marchés, les détroits, et surtout dans les choix qu’on fait quand les caméras s’éteignent.
Au fond, je ressors de ça avec une impression double. D’un côté, les images me disent « wow ». De l’autre, ma petite boussole intérieure murmure « prudence ». Parce que les grands gestes rassurent ceux qui les font, mais ce sont les petits faits, accumulés, qui finissent par écrire le chapitre suivant. Et ce chapitre-là, on va tous le lire… que ça nous tente ou pas.
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